J’apprécie beaucoup la culture cyberpunk (la preuve : je suis maître de jeu sur le jeu de rôle du même nom), j’ai malheureusement une culture assez limitée sur le sujet. J’ai lu assez peu de livre sur le sujet, je sais que je dois lire Neuromancien par exemple mais je n’ai pas encore trouvé le temps de m’y mettre. J’ai par contre pu récemment découvrir Appleseed, souvent cité comme exemple pour le cyberpunk dans la japanimation. Appleseed est originellement une série de manga de Masamune Shirow crée entre 1985 et 1989 adaptée une première fois en anime en 1988. Mais c’est les adapations suivantes qui m’intéressent dans cet article : 2 long métrage d’animation, l’un en 2004 (nommé simplement Appleseed) et l’autre en 2007 (Appleseed Ex Machina). Les deux sont réalisés en 3 dimension avec des personnages en cell-shading et même si l’on peut facilement voir l’évolution graphique entre les deux films, on est obligé de constater que c’est joli dans les deux cas, et pourtant je n’apprécie que peu le cell-shading.

Pour ceux qui ne sont pas familier avec le terme « cyberpunk » (ou ceux qui comme moi ont tendance à oublier ce qu’il représente précisemment), voici la définition donnée par Wikipedia : Le Cyberpunk est un sous-genre de la science-fiction décrivant un monde dystopique et dont l’origine remonte au début des années 1980. Arrêtons-nous là dans la définition et faisons un détour par le mot « dystopie » : Une dystopie est un récit de fiction, parfois raccordé à la science-fiction, se déroulant dans une société imaginaire, inventée par les écrivains, afin d’exagérer et ainsi montrer des conséquences probables. Voila, c’est plus clair d’un seul coup. On peut donc ça résumer par une exagération des conséquences de la technologie sur le monde humain. Dans un univers cyberpunk, on peut souvent voir (tout ou partie) des prothèses mécaniques, des cyborgs, des modifications génétiques, une matrice (une amélioration virtuelle de l’internet en gros mais on pourrait faire tout un article dessus), des hackers de génie, des gros robots, des exosquelettes… C’est très rarement un monde agréable – et par rarement, j’entends quasi jamais – dans lequel souvent un cataclysme s’est produit ou est sur le point de le faire. On suit souvent les aventures de rebelles, de militaires ou tout du moins de gens d’action (parfois des politiques mais eux mêmes sont souvent capables de se battre).

En dehors de la matrice, on peut trouver tout ça dans Appleseeed. On suit les aventures de Deunan Knut et Briareos Hecatonchires qui sont, outre les heureux possesseurs de noms à coucher par terre, deux soldats d’une extrême compétence et d’anciens partenaires de combat. Le second a cependant subit une expérience malheureuse qui lui a fait perdre son corps. Il est donc maintenant un cyborg intégral et l’on ne pourra s’empêcher de se demander tout au long des deux films pourquoi dans un monde si technologiquement évolué n’a-t-on pas pu lui fournir un meilleur corps même s’il dispose de capacités assez saugrenues (j’y reviendrai). Apprécions donc les oreilles de lapins cybernétiques, un gros œil vert fournis avec les 4 petits yeux supplémentaires pour le même prix. Ces deux là évoluent comme membre d’une brigade spéciale d’intervention : les E.S.W.A.T. (le E est peut-être expliqué dans le manga, pas dans les films) dans la ville d’Utopia, une ville dirigée par des bioroids. Ces bioroids sont des humains génétiquements modifiés à la naissance pour ne plus ressentir de désirs, de haine ou tout autre sentiment négatif. Ce sont donc de parfaits dirigeants, incorruptibles et toujours capable de prendre des décisions raisonnables sans être affectés par des sentiments mal placés, y compris l’envie de voir leurs enfants prendre leur place puisqu’ils ne peuvent enfanter.

Bien évidemment, ça ne se passe pas aussi bien que l’on pourrait l’espérer : les bioroids sont différents et par conséquents, sujets au racisme. Le premier film est basé sur le traitement réservés aux bioroids, la bêtise humaine face au pouvoir et sur la possibilité de considérer comme humain, voire même d’aimer un cyborg ou un être génétiquement modifié. Le deuxième film, moins profond, nous présente les dangers des technologies à la mode.

Les scènes d’actions – et c’est encore plus flagrant dans le 2e film – sont classiques mais respirent la classe. Des explosions de partout, des arts martiaux impressionnants : c’est bien orchestré et ce sont les meilleurs moments. Les scènes philosophiques sont intéressantes et laissent à réfléchir mais sont loin du niveau de Ghost in the Shell (ce qui n’est pas forcément un tort). Les incohérences sont par contre trop présentes : la technologie ne pouvant tout expliquer (une gigantesque installation à base de cube flottant dans l’air sans que personne soit au courant par exemple) et il est peu crédible de voir un cyborg intégral, sans bouche, tousser. Malgré tout, ces scènes permettent de se marrer un bon coup au milieu de tous ces moments sérieux même si ce n’est probablement pas l’effet escompté.

La musique quant à elle n’est pas du tout mon style. Si les influences électro du premier film sont supportables et s’intègrent bien à l’ambiance, les bruits utilisés pour composer la bande originale du second film me sortent par les yeux. C’est un problème que l’on retrouve dans beaucoup d’oeuvres futuristes : pour représenter le futur, on utilise de l’électronique qui bien souvent n’est rien d’autre qu’un amas de bruit créé par ordinateur dans le but de faire un rythme simpliste et à mon goût désagréable. Même si pour les scènes d’actions, on bénéficie en prime d’un type qui gueule (façon MAXIMUM THE HORMONE) à se demander pourquoi il s’ennuie à écrire des paroles si c’est pour que personne ne puisse les comprendre. Il est décidément bien difficile d’apprécier le futuriste sans apprécier la musique dite moderne.

Pour résumer, Appleseed et Appleseed Ex Machina permettent de passer un bon moment si on aime les combats et le cyberpunk. ça ne changera pas votre vie mais vos passerez un bon moment.