Après Mobile Suit Gundam que j’ai déjà présenté dans ce précédent article, il est temps de passer à la suite. Enchainons donc sur Mobile Suit Gundam Zeta. Diffusé de 1985 à 1986, cette fois ci complet avec 50 épisodes, il est parfois désigné comme le meilleur Gundam de tous. Je ne parlerai pas dans cet article (pour le moment du moins) de l’adaptation en 3 films de cet Anime (en partie parce que FFenril me conseille de ne pas me l’infliger mais aussi car ils ont été réalisés en 2005-2006 et qu’ils semblent avoir beaucoup modifié l’histoire originale). Concentrons nous donc sur ces 50 épisodes de mécha, d’amour, de violence et de psychologie.


Moins de 10 ans après la série originale, on découvre tout d’abord le choc de l’évolution de la qualité graphique. Plus de boites en carton mais des machines qui commencent à ressembler à des engins de guerre. On assiste aussi à un lifting des personnages que l’on peut retrouver dans cette suite. Amuro a bien vieilli, c’est maintenant un homme. Char, qui se fait maintenant appeler Quattro Bajeena, a fait tombé le masque et se contente maintenant de porter des lunettes de soleil (tout le temps, à se demander si les verres lui permettent de voir ce qu’il se passe autour de lui) et pas mal d’ancien personnages que l’on revoit (parfois vraiment succintement) . Bref, la qualité graphique n’a plus rien à voir avec la première série, c’est une vraie révolution de passer d’une série à l’autre, pour le plaisir des yeux.

mechas

On assiste donc à une des conséquence possible à la guerre. L’un des deux opposant remporte la victoire et doit s’occuper de la remise en place de tout le bordel, y compris les habitants vaincus. L’envie de tout contrôler, afin d’éviter une nouvelle guerre, corrompt le gouvernement et permet la création d’une unité spéciale armée qui dispose de pouvoirs bien trop importants (on reconnaitra là la trame d’un Gundam bien plus récent). Et inévitablement, quand des militaires ont trop de pouvoirs, cela provoque des abus et des révoltes. On suit donc l’évolution de Kamille Bidan au sein de l’AEUG, l’organisation de résistants qui combattent les Titans (l’unité spéciale armée sus-citée). Évolution forcée de façon un peu stupide : Jerid Messa, jeune officier Titan, s’amuse du nom de Kamille et lui annonce que c’est un nom de fillette, Kamille s’énerve et finit par voler le Gundam Mark II, originalement construit pour Jerid et s’enfuit au bord de l’Argama, l’un des vaisseaux de l’AEUG.

Kamille et son Zeta Gundam

C’est simplifié (plus compliqué que ça quand même) mais je n’ai pas vraiment aimé le début de cet anime (et le début, ça tape dans la vingtaine d’épisodes). On assiste à la période rebelle d’un adolescent newtype (bien qu’il ne l’admettra que bien plus tard) et on doit subir ses humeurs pendant pas mal d’épisodes. Malheureusement pour les membres de l’AEUG, les talents de Kamille en font très vite un pilote irremplaçable (un peu comme Amuro…) et force est d’admettre que son évolution sera encore plus marquée et marquante que celle de son prédécesseur. Elle se verra d’autant plus qu’au cours de la série, on retrouve l’un des trois mioches qui m’agaçaient dans la série précédente : Katz ; il a grandi, il a appris à piloter des méchas mais il est suffisament énervant pour faire passer Kamille pour un vieux sage qui a tout vécu.

A mon sens, l’histoire de ce Gundam est très sympathique, les divisions et trahisons politiques sont bien rendues (notamment quand on assiste à l’arrivée d’une troisième entité qui se veut l’héritière de Zeon). L’histoire, bien que secondaire, de Char laisse présager un bon avenir pour lui. Les combats sont agréables à regarder, entrainant et d’une violence qui n’a rien à envier au précédent opus. Cependant, j’ai encore plus eu l’impression de subir les caractères des personnages. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi : les personnages ont tous des caractères bien trempés et ils y restent fidèle tout au long de l’histoire. Mais voir un Jerid qui passe de la conviction profonde « Je vais diriger les Titans pour en faire un groupe sage et utile » à l’obsession beaucoup moins glorieuse « Je vais tuer Kamille Bidan » nuit sincèrement au personnage. Char a son moment de gloire au milieu de la série mais n’est que trop peu exploité ensuite dans l’anime de Zeta (c’est dommage, c’est quand même un fait extrêmement marquant de l’univers). On a également droit à la surenchère des malheurs qui peuvent arriver aux uns et aux autres : perte de l’être aimé (voire même des êtres aimés), trahison de l’être aimé, attitude ultra-possesive de la copine, désespoir de la cause que l’on défend…. Même Haro en prend méchamment pour son grade dans Zeta que ça soit des insultes ou encore des coups de pieds, de poings…

char

Malgré tout, Zeta reste très prenant à partir d’un certain point, quand on a réussit à passer la première moitié. On se surprend à compatir pour les personnages même s’ils font des choix qui mériteraient des baffes. Les méchas ont quand même pas mal la classe ! On veut savoir quel va être le dénouement final. Qui va l’emporter ? Qui va mourir (oui y’a des morts) ? L’AEUG prendra-t-elle un nom plus simple à prononcer ? L’ordre établi peut-il être renversé si facilement ? Quelles méthodes vont utiliser les différents leader pour l’emporter ?  Bref, une série à voir malgré tout même s’il faut s’accrocher au début et où on peut regretter un petit peu de ne pas voir plus Amuro qui malgré ses moments pleurnichard a quand même bien la classe maintenant qu’il a grandi (encore que… quand on regarde comment ça s’est passé dans SEED Destiny, on ne peut pas regretter son absence).