Mobile Suit Gundam, Gundam 0079, G79, Kidou Senshi Gandamu… Tous ces titres représentent à eux seuls une révolution, en 1979 est sorti le tout premier gundam de tout les temps, l’original, celui qui a réinventé le genre de l’anime de mécha… Eh oui, j’ai décidé de passer en revue toute la série des gundam et j’ai donc commencé, somme toute assez logiquement par le premier du nom. Je vais donc tenter de faire une review par série et j’espère que ça vous plaira.

Avant le mécha était grand, puissant, arrondi, lisse ET ridicule, grâce à Gundam, le mécha est carré, en carton et pas invicible. Entendons nous bien : c’est vieux et c’est moche mais c’est l’époque qui veut ça. L’important, c’est que du mécha piloté par un gentil qui combat les méchants, on passe au mécha qui est une arme militaire comme peut l’être un tank qui appartient à un soldat qui l’utilise pour faire la guerre. Une guerre « normale » avec des raisons des deux cotés, pas de réels « gentils » ou « méchants ». Bien sûr, dans Gundam, il y a un parti pris, d’un coté, une dictature, de l’autre une démocratie et on suivra les héros du camp démocrate. Cependant, on aura l’occasion de voir les raisons des deux camps qui bien que parfois peu glorieuses sont réalistes.

Bon, puisque je viens de commencer, parlons de l’histoire de cet opus. Mobile Suit Gundam se passe après la conquête de l’espace et l’établissement de colonies spatiales regroupées en ‘Side’. Des colonies qui ont recréé un environnement artificiel où l’homme peut vivre comme sur terre. L’établissement des colonies a amené un changement de calendrier : nous sommes donc en 79 après les colonies. Parmi ces colonies, il y en a une qui a décidé de s’accorder l’indépendance et a entamé une guerre. La Principauté de Zeon, comme s’est renommé Side 3 qui est à l’origine de cette révolte, est donc en guerre contre la Fédération Terrestre. L’histoire de Gundam débute après que les deux camps aient commis des atrocités ayant conduit à l’éradication de la moitié de l’espèce humaine. Nous suivons un jeune garçon, Amuro Ray, fils d’un ingénieur de la Fédération qui découvre un tout nouveau prototype de mécha lors d’une attaque de sa colonie par les forces de Zeon. Il décide alors d’en prendre les commandes pour sauver sa colonie et se retrouve embarqué à bord de White Base, nouveau vaisseau spatial de la Fédération. S’ensuit alors une course poursuite entre White Base et le vaisseau de Char Aznable, officier redoutable de Zeon qui est surnommé « la comète rouge » à cause de son talent, de sa vitesse et de sa merveuilleuse capacité à repeindre ses méchas en rouge/rose au beau milieu du champ de bataille.


C’est donc sur ce départ que nous suivons nos héros (insistons sur le pluriel : bien qu’Amuro Ray soit clairement le héros principal, tous les personnages évoluent et beaucoup ont droit à leur moment de gloire). C’est après que ça se gâte car ces héros qui s’enfuient, nous allons les suivre longtemps. La course poursuite dure en effet une trentaine d’épisodes pendant lesquels on finit par trouver ça long, très long. Le niveau est relevé par les derniers épisodes (notamment les 8 derniers) où l’histoire prend une autre tournure. Le changement est d’ailleurs brutal et peu cohérent dans l’anime, il est beaucoup mieux amené dans le remake où on en parle dès le premier film (sur trois) quand il faut attendre plus de 30 épisode pour en apercevoir le début dans la série.


Cependant, et c’est ce qui m’a malgré tout fait préféré l’anime, les films sont dépourvus des moments dramatiques : par exemple le soldat de Zeon qui a décidé de déserter pour aider les enfants d’une famille qu’il avait tué et qui tente de rester caché ou encore la profondeur de certains personnages du camp des ennemis et la petitesse de certains démocrates qui voudraient utiliser les enfants comme chair à canon pour que les soldats puissent faire leur travail plus simplement, etc. Ces petits détails qui font que Gundam est un bon anime qui parle de la guerre. Les films eux tiennent plus de l’anime de mécha classique, une longue suite (6 heures tout de même) de combats qui se suivent et finissent par se ressembler. Évidemment, les moments importants de l’histoire sont conservés et l’évolution des personnages est tout de même très bien faite mais ça manque de pause. À croire que la guerre n’est qu’une suite de combat, il manque les moments angoissant pour les personnages qui ne savent pas quand la prochaine attaque va tomber.

Les films suffiront si vous voulez connaitre l’histoire, mais si c’est la profondeur de l’univers qui vous intéresse, vous devriez leur préférer la série (mais vous pouvez aussi faire comme moi et regarder les deux, ou tout du moins, le troisième film qui change beaucoup de l’anime : près de 70% des scènes ayant été refaites).